samedi 31 mars 2018

1816 – Nancy Storace caricaturée par George Cruikshank


Cruickshank Odds & Ends for February 1816 - Nancy Storace and John Braham caricature


Odds & ends for february 1816
caricature de George Cruickshank.
Version colorée intégrale
photographie © British Museum

Durant la semaine de Noël 1805, le ténor John Braham qui partageait la vie de la cantatrice Nancy Storace depuis 1796 ou 1797, s’enfuit avec une femme mariée, Sophia (ou Sophie) Wright.
Le scandale fut énorme. La presse en fit ses choux gras. La situation très en vue du ténor, (adoré par le public) et de sa compagne officielle (qui passait parfois pour son épouse) fit de ce fait divers un sujet de discussion et de clabaudages.

Cette thématique sujet ne pouvait manquer d’inspirer le caricaturiste en vogue George Cruishank (1792-1878). Parmi ses « Petits riens de février 1816 » publié par Jones, il croque en bonne place la fuite des amants adultères parmi les scandales du moment. Son « Mrs Wright doing wrong » (jeu de mot facile sur l’opposition entre w/right et wrong) figure donc en haut à gauche d’un dessin composite.


Cruickshank Odds & Ends for February 1816 - Nancy Storace and John Braham caricature detail

Détail de Odds & ends for february 1816
photographie © Victoria and Albert Museum, London
(cliquer pour agrandir) 

On y voit Nancy Storace, pleurant sur le rivage, telle une Didon délaissée, et entourée d’un chœur d’enfants (une allusion aux autres enfants décédés qu’aurait engendré Braham ?) tandis que ce dernier saute par-dessus la Manche, portant sur son dos Mrs Wright et deux enfants : cette dernière avait donné naissance à des jumeaux, nés en février 1815 dont la filiation est douteuse. Braham était peut-être le parrain du garçon, dont le second prénom était Braham… Sophie était d’ailleurs enceinte du ténor au moment de leur escapade.

Cet enlèvement se termina assez mal pour presque toutes les personnes impliquées.
Le renom de Nancy Storace fut souillé dans le procès pour adultère intenté par le mari cocu, Henry Wright, dont la « complaisance » fut épinglée durant cette crim. con..
Braham dût payer une somme importante en dédommagement.
Mrs Wright fut abandonnée par son amant, et s’expatria pour refaire sa vie, un peu plus tard.

Nancy Storace et John Braham se séparèrent avec fracas en 1816, et ces disputes (arbitrées par le grand architecte John Soane, leur ami commun) altérèrent très probablement la santé de la cantatrice, qui mourut quasiment un an après.


 Cette caricature est décrite page 329
de la biographie de Nancy Storace,
Nancy Storace, muse de Mozart et de Haydn
  par Emmanuelle Pesqué.

lundi 12 mars 2018

2018 – Concert Stephen and Nancy Storace—Friends of Mozart, Friends of Mine’ (Cambridge)




Les initiatives de concerts faisant valoir le répertoire de Nancy Storace se développent en Angleterre.

Rainbow Cake - Fair Shares Café Cambridge

Le 14 mars à 14h, au Fair Shares Café (sis Trumpington Street, à Cambridge) se tient un concert consacré à Stephen Storace et à Mozart, dans le cadre de la Emmanuel Lunchtime Concert Series

Stephen and Nancy Storace—Friends of Mozart, Friends of Mine
Works written especially for Nancy by Stephen Storace and Mozart

Carolee Fairbanks (soprano)
Lucy Morrell (piano)

Programme :
Deh vieni, non tardar” (Le Nozze di Figaro, W.A. Mozart)
Compatite miei signori”, air d’insertion pour Fra i due litiganti de Sarti (Stephen Storace)
The Curfew (Stephen Storace)
Potessi di piangere” (Gli Equivoci, Stephen Storace)
Be Mine, Tender Passion” (The Haunted Tower, Stephen Storace)
Unless with my Amanda Blest (Stephen Storace)

Selon la soprano Carolee Fairbanks, « On a dit beaucoup de choses sur la prima donna du XVIIIe siècle Nancy Storace – en particulier sur l’admiration que Mozart lui portait – mais on connait bien moins les différentes anecdotes qui éclairent l’amitié que Mozart avait à la fois pour Nancy et son frère Stephen— un compositeur contemporain, rival et possible collaborateur de Mozart. Ce récital inclura des œuvres écrites spécifiquement pour Nancy à la fois par Stephen Storace et par Mozart, et illustrera la loyauté féroce qui semble avoir existé dans ce duo fraternel. »

Si l’on peut émettre certains doutes sur le fait que ces mélodies aient été spécifiquement écrites pour Nancy par son frère Stephen, ce programme n’en témoigne pas moins d’un magnifique éclectisme.


Photographie: Rainbow Cake  © Fair Shares Café.