vendredi 23 février 2018

1801 – Mort "suspecte" de Cimarosa et création d' 'Artemisia' par Nancy Storace [AUDIO]



Cimarosa  Artemisia (1801) avec Nancy Storace et John Braham

Autographe partiel d’Artemisia de Cimarosa
conservé à la bibliothèque du Cons. di Musica S. Pietro a Majella, Naples.


Nancy Storace et son amant, le ténor John Braham s’embarquèrent pour un Grand Tour en Europe entre 1797 et 1801. Passant par la France, ils s’attardèrent davantage en Italie ; leurs déplacements sont en effet ponctués de représentations d’opéra, et de diverses prises de rôles. Parmi celles-ci, Artemisia et Araspe, personnages clés du dernier opéra de Domenico Cimarosa, Artemisia.

Cimarosa  Artemisia (1801) avec Nancy Storace et John Braham

Frontispice du livret.

Les sources du livret


Créé le 17 janvier 1801 (d’après une annotation portée sur la partition autographe), cet opéra ne doit pas être confondu avec Artemisia, regina di Caria, créé à Naples en juin 1797. Le livret en était cette fois signé « Cratisto Jamejo », pseudonyme du comte Giovanni Battista Colloredo (12 août 1756-1813).
Au prix d’une impossibilité chronologique, ces deux personnages historiques n’étant pas contemporains, ce dernier combina le récit des malheurs et de la fidélité de la reine de Carie Artémise, sœur et épouse de Mausole, et les mésaventures du roi Artaxerxés. A la mort de Mausole en 353 av. J-C, Artémise II fit élever un tombeau superbe à son époux, le Mausolée d’Halicarnasse, qui comptait parmi les Sept Merveilles du monde durant l’Antiquité. D’autre part, une tradition littéraire veut que Artaxerxés Ier de Perse brièvement détrôné par Artaban, aurait parcouru la méditerranée sous l’identité de Siface, en compagnie de son amie Théopompe.

Composition de l’opéra


Bien que cet opéra comporte trois actes, seuls les deux premiers furent composés par Domenico Cimarosa, déjà bien malade quand il accepta la commande.
Terriblement sanctionné pour sa participation à la République parthénopéenne, il n’avait sans doute eu la vie sauve que grâce à l’intercession de Lady Hamilton. Condamné à un exil à vie de Naples, il avait sans doute accepté cette commande en sa qualité de Maestro del Conservatorio detto Ospedaletto di Venezia.
Déjà bien malade et vraisemblablement traumatisé par ces dernier mois difficiles, Cimarosa avait tout juste achevé ces deux actes, quand il dut s’aliter, tout juste après le nouvel an 1801. Son état s’aggrava rapidement, et il reçut l’extrême-onction le 11 janvier. Il mourut la nuit suivante.

Une mort suspecte ?


De méchantes rumeurs firent immédiatement part des circonstances suspectes de ce décès. On l’attribua à un empoisonnement fait sur ordre de la reine Marie Caroline de Naples ! On murmura également qu’il était décédé des suites des mauvais traitements reçus alors qu’il était emprisonné à Naples, sur ordre du couple royal. Certains avancèrent même que le compositeur avait été étranglé alors qu’il se trouvait à Padoue...

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samedi 10 février 2018

1816 – Traumatisme psychologique & partie de whist : Nancy Storace écrit à George Smart

En 1816, après sa séparation avec le ténor John Braham, Nancy Storace semble choquée par la publicité donnée à leur séparation, ainsi que par les suites judiciaires de l’infidélité du ténor. Elle semble même craindre sortir de chez elle et affronter l’opinion publique.

C’est en effet ce qu’elle affirme dans cette lettre adressée à son ami le pianiste et chef d’orchestre George Thomas Smart (1776-1867), fondateur de la Royal Philharmonic Society.



Lettre autographe adressée à George T. Smart (détail).
(Source : catalogue en ligne Schubertiade Music)


Cette lettre est commentée page 330
 de la biographie de Nancy Storace,
 par Emmanuelle Pesqué.