mardi 19 juin 2018

1869 - Nancy Storace et la biographie du pseudo-Nissen

d'après Georg Nikolaus Nissen biographie de Mozart

Georg Nikolaus von Nissen (sic), Histoire de W.A. Mozart Publiée par sa veuve Constance d'après des lettres et documents originaux. (Paris, Garnier Frères, 1869, réédité par La Bibliothèques des Arts (Lausanne), 2018 - 39 €)

Caramba, encore raté ! Le pauvre Mozart n’a vraiment pas de chance en langue française… Lui-même n’aimait ni la France ni les Français, et on peut désormais se demander si presque deux cent trente ans plus tard, les Français ne le lui rendent pas avec usure…

Alors qu’il n’existe toujours pas de biographie faisant autorité en français (« le » Massin de Fayard étant ce qui s’en rapproche le plus malgré les partis pris très discutables, les erreurs augmentées par le passage du temps et le vieillissement général de leur approche…), voici qu’on réédite un succédané inutile d’une des premières biographies de Mozart.

Il s’agit en réalité d’une traduction partielle et très augmentée de l’ouvrage officiellement attribué à Georg Nikolaus Nissen (second mari de Constanze Mozart, née Weber), par Albert Sowinski (1805/10-1880), pianiste, compositeur et musicologue polonais. En effet, comme le précise Carl de Nys,
cette traduction est médiocre : d’une part Sowinski s’est permis, et sans s’en cacher, de substituer à certains documents présentés par Nissen des lettres publiées après coup par Ludwig Nohl, ; d’autre part il a le plus souvent escamoté ou réduit à des banalités les passages théoriques de l’ouvrage de Nissen – qui, quoi qu’on en ait dit, connaissait à fond l’œuvre de Mozart , et dont les analyses et les réflexions esthétiques sont loin d’être toujours dépourvues d’intérêt. (Vie de W. A. Mozart… Université de Saint-Etienne, 1976)

En outre, il faut ajouter que l’auteur présumé de l’ouvrage originel n’eut d’ailleurs pas le temps de l’achever, ce qui pose d’ailleurs de GROS problèmes méthodologiques et est source de nombreuses interrogations sur son contenu… Or, c’est un ouvrage qui figura très longtemps parmi les sources princeps autour du compositeur et contribua à cimenter le mythe.

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vendredi 15 juin 2018

2018 – Annonce : 'Las dos muertes de Mozart', roman policier autour de Mozart, Salieri et Nancy Storace


Le 31 juillet 2018, va paraître un roman du journaliste espagnol Máximo Pradera (sous le pseudonyme de Joseph Gelinek (oui, le pianiste et compositeur du XVIIIe siècle…), Las dos muertes de Mozart (Les deux morts de Mozart), chez Plaza & Janés.

Gelinek - Las dos muertes de Mozart


Apparemment, l’intrigue s’entrelace entre le dix-huitième siècle et la période actuelle. Selon Daniel Diz, directeur artistique de l’association des Amis de l’Opéra de Vigo, qui avait organisé une rencontre avec l’auteur, il s’agit d’

Un thriller intéressant, bien écrit et documenté. Mozart est mort le 5 décembre 1791, empoisonné avec de l'acqua tofana. C'était le poison le plus mortel de l'époque et c'est l'une des hypothèses des causes de la mort du compositeur. Le livre débute par une autre mort. Au cours de l'été 2017, un cadavre momifié apparaît en Toscane et la cause de la mort n'est autre que l'empoisonnement à l'acqua tofana. L'œuvre se situe entre ces deux périodes et au milieu se trouve Teresa Salieri, une descendante du compositeur, qui tente de réhabiliter l'image de son ancêtre avant un remake imminent du film 'Amadeus' de Milos Forman. (site Faro de Vigo, 12 juin 2018).

Sur le même site, on ajoute que « Pradera s'est concentré sur les aspects historiques qui montrent que Mozart n'a pas été empoisonné et que Salieri n'avait aucune raison de vouloir le tuer », ce qui est tout à fait conforme à la réalité historique : comme je l’ai souvent dit sur le défunt forum Mozart Ron3, quitte à imaginer un meurtre, c’est le contraire qui serait plus plausible… Ce choix serait également celui du romancier…

Par ailleurs, Máximo Pradera précise que

"Per la ricuperata salute di Ofelia" est une cantate apparue il y a quelques années, composée par Mozart et Salieri. "Ils l'ont écrit pour son amie la soprano Nancy Storace qui avait perdu sa voix en partie à cause de problèmes avec son mari, lequel est l'un des méchants de mon roman, qui l'a battue. C'était un drame pour les deux compositeurs parce que l'avoir ou non était la différence entre la nuit et le jour. C'est pourquoi ils ont écrit cet air pour elle, et ça s'appelle comme ça parce qu'elle allait chanter le rôle d'Ophelia dans le prochain opéra [La Grotta di Trofonio]," dit-il.

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